Protéines végétales : sources, quantités et assiette type
Ombeline Ravaud
8 octobre 2026
9 min de lecture

Une protéine végétale est une protéine contenue dans un aliment d’origine végétale, des lentilles au tofu en passant par l’avoine. Aucun de ces aliments n’égale la viande en concentration, mais une assiette bien composée couvre les besoins d’un adulte, y compris sans produit animal. Voici où se trouvent les protéines, en quelle quantité par portion réelle, et comment composer ses repas.
Qu’appelle-t-on protéine végétale ?
Les protéines sont des chaînes d’acides aminés. Le corps en utilise 20, dont 9 qu’il ne sait pas fabriquer : ce sont les acides aminés essentiels, à trouver dans l’alimentation. Une protéine est dite « complète » quand elle apporte les 9 en proportions suffisantes. Les protéines animales le sont presque toutes. Côté végétal, le soja, le quinoa et le sarrasin le sont aussi.
Les autres sources sont légèrement déficitaires sur un ou deux acides aminés. Les céréales manquent surtout de lysine ; les légumineuses, d’acides aminés soufrés comme la méthionine. Ce déficit n’est pas un défaut grave : il se compense en variant l’assiette, pas en pesant chaque repas.
Les sources classées par teneur et par portion
La teneur « pour 100 g » trompe, car elle compare souvent des aliments secs et cuits. Les lentilles crues affichent environ 25 g, mais on les mange cuites, à 9 g pour 100 g. Le tableau donne donc la valeur de l’aliment tel qu’on le consomme, puis la portion usuelle.
| Aliment (tel que consommé) | Protéines pour 100 g | Portion usuelle | Protéines par portion |
|---|---|---|---|
| Seitan | 20 à 25 g | 100 g | environ 22 g |
| Tempeh | environ 19 g | 100 g | environ 19 g |
| Tofu ferme nature | 12 à 14 g | 120 g | environ 15 g |
| Edamame | environ 11 g | 100 g | environ 11 g |
| Lentilles cuites | environ 9 g | 150 g | environ 13 g |
| Pois chiches cuits | environ 8 g | 150 g | environ 12 g |
| Haricots rouges cuits | environ 8 g | 150 g | environ 12 g |
| Quinoa cuit | environ 4,5 g | 150 g | environ 7 g |
| Flocons d’avoine (secs) | environ 13 g | 50 g | environ 6,5 g |
| Amandes | environ 21 g | 30 g | environ 6 g |
| Graines de courge | environ 30 g | 20 g | environ 6 g |
| Lait de soja nature | environ 3,3 g | 250 ml | environ 8 g |
| Pain complet | environ 9 g | 60 g | environ 5,5 g |
Deux enseignements ressortent. Les produits transformés à base de soja ou de blé (tempeh, seitan, protéines de soja texturées) concentrent le plus. Les céréales et les oléagineux, eux, ne pèsent qu’une partie de l’apport : 5 à 7 g par portion, mais ils s’additionnent au fil de la journée.
Un dernier repère : l’énergie qui accompagne la protéine. Trente grammes d’amandes apportent environ 6 g de protéines pour 175 kcal ; 150 g de lentilles cuites en apportent 13 g pour une énergie voisine, d’environ 170 kcal. À calories égales, les légumineuses fournissent donc deux fois plus de protéines que les oléagineux, qui servent mieux de complément que de base.

Quelle quantité pour atteindre 25 g de protéines ?
Les repères nutritionnels courants visent 20 à 30 g de protéines par repas principal. Cela s’obtient en ajustant la quantité de la source principale. Le tableau inverse la logique : on part de l’objectif de 25 g, et l’on calcule ce qu’il faut mettre dans l’assiette.
| Source principale | Quantité pour 25 g | À quoi cela ressemble |
|---|---|---|
| Seitan | environ 115 g | un steak épais |
| Tempeh | environ 130 g | une demi-plaque |
| Tofu ferme | environ 200 g | un bloc entier |
| Edamame | environ 225 g | un grand bol |
| Lentilles cuites | environ 280 g | une grosse assiette creuse |
| Pois chiches cuits | environ 310 g | une boîte et demie égouttée |
| Quinoa cuit | environ 570 g | trois assiettes : à combiner |
La comparaison avec le poulet montre l’écart : une assiette de lentilles pèse trois fois plus. En pratique, on ne cherche pas 25 g avec un seul aliment. On mélange, par exemple 150 g de lentilles (13 g), 60 g de pain complet (5,5 g) et 30 g d’amandes (6 g) pour atteindre 24 g.
L’ANSES retient une référence de 0,83 g de protéines par kilo et par jour pour un adulte, soit environ 50 g pour 60 kg et 58 g pour 70 kg. Notre fiche sur les besoins en protéines par jour détaille les cas particuliers : sport, grossesse, âge.
Associer céréales et légumineuses
La complémentarité est un vieux principe de cuisine : riz et haricots, semoule et pois chiches, pain et lentilles. Les deux familles se complètent, parce que l’une est riche en lysine, l’autre en acides aminés soufrés. L’ensemble offre un profil proche de celui d’une protéine animale.
Contrairement à une idée tenace, les deux n’ont pas besoin de se trouver dans la même assiette. Le corps puise dans ses réserves d’acides aminés sur la journée. Une alimentation variée, avec des céréales à un repas et des légumineuses à l’autre, convient.
- Légumineuses + céréales : dahl de lentilles et riz, houmous et pain complet, chili sin carne et maïs.
- Légumineuses + graines : salade de pois chiches et graines de courge, tahini dans le houmous.
- Soja + céréales : tofu sauté et nouilles de sarrasin, lait de soja et flocons d’avoine.
Les légumineuses entrent aussi dans le repère du programme national nutrition santé : au moins deux fois par semaine, soit environ 150 g cuites par portion. Notre fiche de rééquilibrage alimentaire montre comment les répartir sur sept jours.
Ballonnements : les gestes qui aident
Les légumineuses contiennent des sucres fermentescibles (les oligosaccharides) que l’intestin fait fermenter, d’où les gaz. Elles contiennent aussi de l’acide phytique, qui réduit un peu l’absorption du fer et du zinc. Quelques gestes réduisent ces effets sans diminuer l’apport.
- Faire tremper les légumineuses sèches 8 à 12 heures, puis jeter l’eau de trempage.
- Cuire en eau fraîche, 40 à 60 minutes pour les haricots, 20 à 30 pour les lentilles.
- Rincer à l’eau claire les légumineuses en conserve ou en bocal.
- Augmenter les portions par paliers : 50 g, puis 100 g, puis 150 g sur trois semaines.
- Choisir les lentilles corail ou les pois cassés, plus digestes que les haricots rouges.
Les légumineuses sont aussi riches en fibres : un adulte vise 25 à 30 g par jour, et elles y contribuent beaucoup. La fiche sur les fibres alimentaires aide à ajuster la quantité sans inconfort.
Les lentilles ne demandent pas de trempage ; les haricots secs, les pois chiches et le soja, si. Les haricots rouges crus sont toxiques tant qu’ils n’ont pas bouilli au moins 10 minutes à gros bouillons.
Une journée type à 60 g de protéines
Voici une journée sans viande ni poisson, calculée sur un total de 67 g, de quoi couvrir la référence d’un adulte de 70 kg. Elle utilise des aliments courants, sans complément.
| Repas | Contenu | Prot. |
|---|---|---|
| Petit-déjeuner | 50 g de flocons d’avoine, 250 ml de lait de soja, 20 g d’amandes | environ 18 g |
| Déjeuner | 150 g de lentilles cuites, 150 g de riz complet cuit, légumes, 1 pomme | environ 17 g |
| Collation | 30 g de graines de courge, 1 fruit | environ 9 g |
| Dîner | 120 g de tofu sauté, 150 g de quinoa cuit, brocoli | environ 23 g |
L’exemple tient en quatre prises. Il se simplifie pour un budget serré : remplacez le tofu par des pois chiches, ajoutez un yaourt de soja au goûter. Les légumineuses sèches coûtent peu et se conservent plus d’un an.

Tofu, tempeh, seitan : bien les choisir
Ces trois produits sont les plus concentrés, mais ils ne se valent pas. Le tofu est un caillé de lait de soja ; la version ferme se poêle, la soyeuse se mixe. Le tempeh est du soja fermenté en bloc, plus digeste que le soja entier et riche en fibres. Le seitan est du gluten de blé : il convient mal aux personnes cœliaques ou sensibles au gluten.
Les protéines de soja texturées se vendent sèches, à environ 50 g pour 100 g. Réhydratées avec deux fois leur poids d’eau, elles tombent à 15 à 17 g, soit à peu près l’équivalent d’un steak haché végétal maison. Sur l’étiquette, regardez trois lignes : le pourcentage de protéines, la teneur en sel (moins de 1,5 g pour 100 g est un bon repère) et la liste d’additifs, qui s’allonge sur les imitations de viande industrielles.
Sportifs, seniors : des besoins plus hauts
La référence de 0,83 g par kilo vaut pour un adulte sédentaire. Un sportif d’endurance ou de force monte à 1,2 à 1,6 g par kilo, soit 84 à 112 g pour 70 kg. Les personnes de plus de 65 ans visent plutôt 1 à 1,2 g par kilo, car le muscle répond moins bien à la même dose.
Dans les deux cas, l’objectif se règle par repas plutôt que sur la journée : 25 à 30 g à chaque repas principal, avec une collation riche en protéines après l’effort. Le tableau « quelle quantité » montre ce que cela représente en assiette. Un végétarien sportif combine souvent lentilles ou pois chiches, tofu et une boisson de soja ; une personne âgée dont l’appétit baisse gagne à enrichir ses plats (poudre d’amande, œuf si elle en mange, flocons dans la soupe) plutôt qu’à manger plus.
Végétales ou animales : ce qui change vraiment
Les protéines animales se digèrent un peu mieux : de l’ordre de 90 à 95 % absorbées, contre 75 à 90 % pour les protéines végétales, selon l’aliment et la cuisson. L’écart est modeste et se compense en mangeant légèrement plus. Les études d’observation associent en outre une part plus élevée de protéines végétales à un moindre risque cardiovasculaire, sans que l’on puisse isoler un seul facteur. Pour aller plus loin, la teneur en protéines d’un œuf sert de repère côté animal, avec un tableau selon le poids de l’œuf.
La différence se joue davantage dans le contexte. Une portion de viande rouge apporte du fer héminique et de la vitamine B12, mais aussi des graisses saturées ; une portion de lentilles apporte fibres, potassium et magnésium. Notre fiche sur le magnésium par l’assiette rappelle combien les légumineuses y contribuent.

Points de vigilance : fer, B12, calcium
Une alimentation riche en végétaux demande trois vérifications. Le fer végétal est moins bien absorbé : on associe les légumineuses à une source de vitamine C (poivron, agrumes), et l’on évite le thé pendant le repas. Détails dans notre fiche sur les aliments riches en fer.
La vitamine B12 n’existe pas dans les végétaux : un régime végétalien strict impose une supplémentation, à discuter avec un médecin ou un pharmacien. Le calcium se trouve dans le tofu préparé au calcium, les amandes, les choux et les eaux minérales riches ; la fiche calcium sans lait en donne les teneurs.
Les compléments en poudre de protéines végétales (pois, riz, chanvre) n’ont d’intérêt que pour les sportifs ou les personnes âgées dont l’appétit baisse. Pour tous les autres, l’assiette suffit. Une personne qui présente une maladie rénale doit demander l’avis de son médecin avant d’augmenter ses apports.
Questions fréquentes
Quelles sont les meilleures sources de protéines végétales ?
Le seitan, le tempeh et le tofu arrivent en tête, suivis des légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots) et du soja. Les graines de courge, les amandes et l’avoine complètent. On vise la variété plutôt qu’un aliment unique.
Les protéines végétales sont-elles aussi bonnes que les protéines animales ?
Elles couvrent les besoins à condition de varier les sources. Leur digestibilité est un peu inférieure, ce qui se compense par une portion légèrement plus grande. Le soja, le quinoa et le sarrasin sont des protéines complètes.
Faut-il associer riz et légumineuses dans le même repas ?
Non. Le corps conserve des réserves d’acides aminés : il suffit d’associer céréales et légumineuses sur la journée. Les associer reste pratique et traditionnel, mais ce n’est pas une obligation.
Combien de protéines végétales par jour ?
La référence est de 0,83 g par kilo de poids pour un adulte, soit environ 50 à 58 g. Elle monte à 1,2 à 1,6 g par kilo pour un sportif d’endurance ou de force, selon l’avis d’un professionnel.
Pourquoi les légumineuses font-elles gonfler ?
Elles contiennent des sucres que l’intestin fermente. Un trempage de 8 à 12 heures, une cuisson longue et une montée progressive des portions réduisent nettement les ballonnements.
Faut-il prendre de la protéine végétale en poudre ?
Rarement. Elle dépanne les sportifs ou les personnes âgées qui mangent peu. Sinon, 150 g de lentilles, du tofu ou des pois chiches apportent plus de nutriments que la poudre, pour un coût moindre.
Pour démarrer, choisissez un repas par jour où une légumineuse remplace la viande, pesez la portion pendant une semaine pour fixer vos repères, puis variez les sources. Si vous prenez un traitement ou suivez un régime médical, un pharmacien ou un diététicien peut valider les quantités avant tout changement durable.
ANSES, table de composition nutritionnelle des aliments Ciqual et références nutritionnelles pour les protéines, ciqual.anses.fr, consultée le 8 octobre 2026.
Cet article donne des repères d’information générale. Il ne constitue ni un diagnostic ni une prescription, et ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.
Ombeline Ravaud
Préparatrice en pharmacie pendant douze ans, aujourd'hui rédactrice en chef de La Notice. J'explique en langage clair ce que disent les notices et les recommandations officielles.


