Nutrition

Protéine dans un œuf : 6 à 7 g, blanc, jaune et cuisson

Ombeline Ravaud 13 octobre 2026 10 min de lecture
Protéine dans un œuf : 6 à 7 g, blanc, jaune et cuisson
L’essentiel

Un œuf de poule de taille moyenne apporte 6 à 7 g de protéines, soit environ 12,5 g pour 100 g. Le blanc en fournit 3,5 à 4 g, le jaune 2,5 à 3 g. La cuisson ne change pas le total, mais elle améliore ce que l’intestin absorbe. Pour un adulte de 70 kg, deux œufs couvrent près d’un cinquième de la référence de 0,83 g par kilo et par jour.

Un œuf de poule moyen contient 6 à 7 grammes de protéines. Ce chiffre varie avec le poids de l’œuf, pas avec le mode de cuisson, et il se lit mieux une fois replacé face au besoin d’une journée. Voici le détail : blanc contre jaune, œuf dur contre œuf cru, un tableau pour 1 à 4 œufs et le calcul pour votre poids.

Combien de protéines contient un œuf ?

La valeur de référence courante est de 6 à 7 g pour un œuf de poule de taille moyenne. Rapportée au poids, elle donne environ 12,5 g de protéines pour 100 g d’œuf entier, pour 143 kcal environ. Ces chiffres sont ceux que publient les sites de nutrition sportive qui occupent les premières places de Google sur cette requête. Ils concordent entre eux, ce qui les rend fiables comme ordre de grandeur.

Ces protéines sont dites complètes : elles contiennent les neuf acides aminés que le corps ne sait pas fabriquer en quantité suffisante. L’Anses les liste : histidine, isoleucine, leucine, lysine, méthionine, phénylalanine, thréonine, tryptophane et valine. C’est ce profil qui place l’œuf parmi les aliments animaux de référence.

Le blanc porte plus que le jaune

On croit souvent que tout se joue dans le jaune, parce qu’il est coloré et calorique. C’est l’inverse pour les protéines : le blanc, ou albumen, en contient 3,5 à 4 g dans un œuf moyen, soit 60 à 65 % du total. Le jaune n’en apporte que 2,5 à 3 g, mais il concentre les graisses, la vitamine D, la vitamine B12, le fer et le cholestérol.

La protéine la plus abondante du blanc est l’ovalbumine, une albumine très digeste. Dans le jaune, on trouve surtout des lipoprotéines et des phosphoprotéines, qui complètent le profil du blanc. Retirer le jaune pour gagner des protéines n’a donc pas de sens : on perd 2,5 à 3 g de protéines et presque tous les micronutriments.

Deux œufs durs coupés en deux, l’un au jaune jaune vif, l’autre trop cuit au jaune verdâtre
Deux œufs durs : celui de droite est trop cuit, son jaune verdit. Ses protéines n’ont pas disparu pour autant (Photo : Ll1324, CC0, via Wikimedia Commons).
Quatre cartes : blanc 3,5 à 4 g, jaune 2,5 à 3 g, œuf entier 6 à 7 g, 100 g d’œuf 12,5 g de protéines
Où se trouvent les protéines d’un œuf de poule moyen.

Calculer selon le poids de l’œuf

Les « 6 à 7 g » cachent une plage. Un œuf plus gros contient plus de protéines, simplement parce qu’il y a plus de matière. Avec 12,5 g pour 100 g de contenu, on peut convertir n’importe quel œuf en deux lignes de calcul : poids du contenu en grammes, multiplié par 0,125.

Poids du contenu de l’œuf Protéines (calcul à 12,5 g / 100 g) Calories (143 kcal / 100 g)
50 g 6,3 g 72 kcal
60 g 7,5 g 86 kcal
70 g 8,8 g 100 kcal
Calcul maison à partir des valeurs moyennes relevées chez les sites de nutrition. La coquille n’est pas comptée.

La coquille représente un poids à part : un œuf de 60 g en boîte livre donc un peu moins de 60 g de contenu. L’écart reste faible, mais il explique pourquoi les étiquettes et les sites donnent des valeurs légèrement différentes.

Œuf dur, brouillé, au plat ou cru : la cuisson change-t-elle quelque chose ?

Sur le total de protéines, non. Un œuf dur de taille moyenne contient environ 6,5 g, comme un œuf brouillé ou un œuf au plat. Ce que change la cuisson, c’est la digestibilité : les protéines du blanc se dénaturent à la chaleur et deviennent plus faciles à digérer. Les sites de nutrition rapportent qu’environ 50 à 60 % des protéines d’un œuf cru sont assimilées, contre près de 90 % pour un œuf cuit.

Le blanc cru contient aussi de l’avidine, une protéine qui peut se lier à la biotine, une vitamine du groupe B, et en réduire l’absorption. La cuisson neutralise cet effet. S’ajoute le risque microbiologique : un œuf cru expose à la salmonelle, ce qui le rend peu adapté aux shakes maison.

  • Œuf dur : environ 6,5 g, sans matière grasse ajoutée.
  • Œuf brouillé : 6 à 7 g, plus les calories du beurre, du lait ou de l’huile.
  • Œuf au plat : 6 à 7 g, plus la matière grasse de la poêle.
  • Œuf cru : environ 6,5 g, mais moins bien assimilées.

Le choix du mode de cuisson se joue donc sur les calories ajoutées et le goût, pas sur le total de protéines. Une poêle antiadhésive et un peu d’huile suffisent pour garder un plat léger.

Quelle part du besoin quotidien un œuf couvre-t-il ?

L’Anses a fixé en 2007 la référence nutritionnelle en protéines d’un adulte en bonne santé à 0,83 g par kilo et par jour. En 2016, elle a précisé que les protéines devaient représenter 10 à 20 % de l’apport énergétique quotidien. Pour un adulte de 70 kg, la référence est donc de 58 g environ.

Poids Besoin (0,83 g/kg) Part couverte par 2 œufs (13 g) Œufs pour tout couvrir
60 kg 49,8 g 26 % 7,7
70 kg 58,1 g 22 % 8,9
80 kg 66,4 g 20 % 10,2
Calcul à 6,5 g de protéines par œuf et 0,83 g/kg/j (référence Anses). Dernière colonne : illustration, pas un conseil.

Personne ne mange neuf œufs par jour pour couvrir son besoin, et ce n’est pas l’objectif. Le tableau montre surtout qu’un œuf pèse environ un dixième de la journée : il complète, il ne remplace pas. Les protéines d’une journée viennent aussi de la viande, du poisson, des produits laitiers, des légumes secs et des céréales.

Trois cartes : 2 œufs couvrent 26 % du besoin à 60 kg, 22 % à 70 kg, 20 % à 80 kg
Part de la référence Anses couverte par deux œufs selon le poids.

Pour la méthode complète, avec les cas du sportif, de la personne âgée ou de la grossesse, voir l’article sur les besoins en protéines par jour. Et pour répartir l’apport entre animal et végétal, les protéines végétales et leurs quantités sont détaillées à part.

Deux, trois, quatre œufs : les totaux

Le calcul tient en une multiplication, mais le tableau évite d’y penser. Il part de 6 à 7 g par œuf moyen.

Nombre d’œufs Protéines Repère d’usage
1 œuf 6 à 7 g Petit-déjeuner léger
2 œufs 12 à 14 g Omelette de midi
3 œufs 18 à 21 g Repas protéiné après un effort
4 à 5 œufs environ 30 g Seuil de 30 g de protéines
Totaux repris des valeurs moyennes relevées en ligne sur l’œuf de poule moyen.

Pour atteindre 30 g de protéines avec des œufs seuls, il en faut 4 ou 5 selon qu’on compte 7 ou 6 g par œuf. À ce stade, on mange surtout du jaune : le cholestérol et les graisses montent avec lui. Compléter avec une autre source de protéines est plus simple que d’empiler les œufs.

Œufs de caille, de cane, d’autruche

La taille décide encore. Un œuf de caille, d’environ 9 à 10 g, apporte 1,2 à 1,3 g de protéines : il en faut 5 à 6 pour égaler un œuf de poule. Un œuf de cane, de 70 à 80 g, en apporte 9 à 10 g. L’œuf d’autruche, qui pèse de 1,3 à 2 kg, en contient environ 50 g, soit 24 à 26 œufs de poule.

Ces chiffres viennent d’un site de nutrition sportive, à lire comme des moyennes. Pour la consommation courante, l’œuf de poule reste de loin le plus répandu en France.

Protéine d’œuf en poudre, un autre produit

La requête « protéine œuf » renvoie aussi à des poudres. Il s’agit d’un produit transformé, souvent à base de blanc séché, qui n’a pas la même composition qu’un œuf entier : plus de jaune, plus de vitamines, plus de graisses dans un œuf frais. Une poudre se justifie rarement hors cas particulier, d’autant que le besoin d’un adulte bien portant est couvert par l’alimentation courante.

L’Anses ne fixe aucune limite supérieure de sécurité pour l’apport en protéines, faute de données suffisantes. Cela ne veut pas dire qu’il faut en consommer sans compter : en cas de maladie rénale ou de doute, la question se pose à un médecin.

Intégrer l’œuf dans une assiette variée

L’œuf fonctionne bien comme complément. Un œuf dur dans une salade de légumes secs ajoute des acides aminés soufrés que les légumineuses n’apportent qu’en faible quantité, selon l’Anses. Une omelette aux légumes et aux céréales complètes fait un repas équilibré sans viande.

  • Associer l’œuf à un aliment végétal riche en fibres, comme des lentilles ou des pois chiches (voir les apports en fibres par jour).
  • Choisir une cuisson qui limite le gras : œuf dur, à la coque ou poché.
  • Penser au fer et au zinc que contient le jaune, détaillés dans l’article sur le zinc et l’alimentation.
  • Pour la glycémie, accompagner l’œuf de légumes plutôt que de pain blanc, comme dans les repas conseillés en cas de diabète.

Un point de vigilance concerne les personnes qui surveillent leur cholestérol ou leur foie : le jaune contient du cholestérol, et l’avis du médecin prime sur les repères généraux. Pour ce thème, l’article sur les aliments bons pour le foie replace les études à leur juste place.

Pourquoi les chiffres varient d’un site à l’autre

Entre « 6 g », « 6,5 g » et « 7 g », il n’y a pas de contradiction, seulement des œufs différents. Les sites qui détaillent la question citent trois facteurs : la taille de l’œuf, l’alimentation de la poule et ses conditions d’élevage, et la fraîcheur. Un œuf d’environ 50 à 60 g tourne autour de 6 à 7 g, un œuf très gros peut monter jusqu’à 8 g.

L’effet de l’alimentation de la poule est réel mais modeste : une ration plus riche en protéines tend à donner des œufs un peu plus riches, sans bouleverser le total. Ce n’est donc pas un critère d’achat pour qui cherche des protéines. Le calibre pèse plus lourd, et il est écrit sur la boîte.

  • Pour comparer deux sources, raisonnez en grammes de protéines pour 100 g, pas par pièce.
  • Pour planifier un repas, prenez 6,5 g par œuf moyen et arrondissez à la baisse.
  • Pour un régime encadré (maladie rénale, grossesse, très forte activité), laissez le professionnel de santé fixer la quantité.

Ces trois habitudes évitent la fausse précision. Une table de composition officielle, comme la table Ciqual de l’Anses, donne les valeurs détaillées aliment par aliment, y compris pour l’œuf cru, dur ou en omelette.

Questions fréquentes

Combien de protéines dans un œuf dur ?

Environ 6,5 g pour un œuf dur de taille moyenne, comme pour un œuf cru. La cuisson dans l’eau bouillante ne retire rien : elle rend seulement ces protéines plus faciles à digérer et à absorber.

Combien de protéines dans 100 g d’œuf ?

Environ 12,5 g de protéines pour 100 g d’œuf entier, pour 143 kcal. Cent grammes correspondent à peu près à deux œufs moyens, d’où le repère de 12 à 14 g pour deux œufs.

Où sont les protéines : dans le blanc ou dans le jaune ?

Dans les deux, mais surtout dans le blanc : 3,5 à 4 g contre 2,5 à 3 g pour le jaune dans un œuf moyen. Le jaune garde l’avantage pour les vitamines, le fer et les graisses.

Combien d’œufs faut-il pour 30 g de protéines ?

Quatre ou cinq œufs de taille moyenne, selon qu’on retient 7 ou 6 g par œuf. Mieux vaut répartir : deux œufs, plus une portion de poisson, de légumes secs ou de laitage.

Les protéines de l’œuf cru sont-elles mieux conservées ?

Non. Le total est identique, mais l’assimilation est plus faible à cru : 50 à 60 % contre près de 90 % après cuisson d’après les sites de nutrition. L’œuf cru ajoute en plus un risque de salmonelle.

Quel est le besoin en protéines d’un adulte ?

L’Anses retient 0,83 g par kilo et par jour pour un adulte en bonne santé, soit environ 58 g pour 70 kg, avec une part de 10 à 20 % de l’apport énergétique. Les sportifs, les seniors et les femmes enceintes ont d’autres intervalles.

Pour mettre ces chiffres à profit, pesez votre besoin avec la formule 0,83 × votre poids, notez ce que votre petit-déjeuner et votre déjeuner apportent déjà, puis ajoutez un ou deux œufs seulement si le total du jour reste en dessous. Un œuf de plus ne rattrape pas un repas sans protéines, mais il comble bien l’écart d’un repas du soir léger.

Cet article donne des repères d’information générale. Il ne constitue ni un diagnostic ni une prescription, et ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

Ombeline Ravaud

Préparatrice en pharmacie pendant douze ans, aujourd'hui rédactrice en chef de La Notice. J'explique en langage clair ce que disent les notices et les recommandations officielles.

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