Constipation : les aliments à privilégier, ceux à limiter et les gestes qui aident
Ombeline Ravaud
5 septembre 2026
6 min de lecture

Un aliment contre la constipation apporte surtout des fibres, parfois de l’eau, et aide sans brusquer l’intestin. Les fruits, les légumes, les légumineuses, les céréales complètes et certains fruits secs sont de bons points de départ. L’objectif est simple : rendre les selles moins dures et leur progression plus régulière, ce que confirme aussi la couleur des selles, sans chercher à forcer le transit.
Les aliments à privilégier quand le transit ralentit
Fruits, légumes et fruits secs : le trio le plus simple à installer
Les fruits et les légumes apportent des fibres alimentaires et, souvent, une part d’eau utile pour assouplir le contenu intestinal. Les poires, les pommes avec la peau si elles sont bien tolérées, les oranges, les kiwis, les fruits rouges, les épinards, les courgettes, les carottes cuites, les poireaux et les haricots verts sont des exemples faciles à intégrer au quotidien.

Les pruneaux sont souvent cités parce qu’ils contiennent à la fois des fibres et du sorbitol, un sucre naturellement présent dans certains fruits. Ils peuvent aider certaines personnes, mais il vaut mieux commencer par une petite quantité, surtout si vous avez tendance aux ballonnements.
Légumineuses et céréales complètes : efficaces, mais à introduire doucement
Lentilles, pois chiches, haricots rouges, pois cassés et fèves sont riches en fibres. Ils peuvent soutenir le transit, à condition d’être ajoutés progressivement, par exemple quelques cuillères dans une salade ou une soupe avant d’en faire une portion complète.
Du côté des féculents, le pain complet, les flocons d’avoine, à associer à des probiotiques si le confort digestif reste fragile, le riz complet, le boulgour, le sarrasin ou les pâtes complètes sont souvent plus intéressants que leurs versions raffinées. Si vous mangez peu de fibres d’habitude, passer par le semi-complet peut être plus confortable au début.
Graines et oléagineux : de petits ajouts utiles
Les graines de chia, de lin moulues, de courge ou de sésame peuvent enrichir un yaourt, une compote ou un bol de flocons d’avoine. Elles ne remplacent pas une alimentation variée, mais elles augmentent facilement l’apport en fibres sur une journée.
Les noix, les amandes et les noisettes apportent aussi des fibres, avec des graisses de bonne qualité. Une petite poignée suffit généralement, car ces aliments sont denses et peuvent peser sur la digestion chez certaines personnes.
Pourquoi les fibres aident, et pourquoi l’eau compte autant
Fibres solubles et insolubles : deux actions complémentaires
Les fibres solubles, comme certaines pectines des fruits ou les fibres de l’avoine, forment une sorte de gel au contact de l’eau. Elles contribuent à rendre le contenu intestinal plus souple. Les fibres insolubles, présentes notamment dans les céréales complètes et les légumes, augmentent le volume des selles et favorisent leur progression.
Ces deux familles ne s’opposent pas. Dans une assiette équilibrée, elles agissent ensemble, ce qui explique qu’il soit plus utile de varier les sources de fibres que de chercher un seul aliment miracle.
Les bons repères : 25 à 30 g de fibres et une hausse progressive
Un repère souvent utilisé est de viser environ 25 à 30 g de fibres par jour. Beaucoup de personnes en consomment moins, surtout lorsque les repas reposent sur du pain blanc, du riz blanc, des pâtes raffinées et peu de végétaux.
Augmenter trop vite les fibres peut provoquer gaz, crampes ou ballonnements. La bonne stratégie consiste à ajouter une source à la fois pendant quelques jours : un fruit entier plutôt qu’un jus, une portion de légumes en plus, puis une céréale complète ou une légumineuse.
Le transit avance mieux quand plusieurs leviers vont dans le même sens. Des fibres sans eau peuvent alourdir les selles, surtout si vous restez assis longtemps ou si vous retenez souvent l’envie d’aller aux toilettes. Ajouter progressivement, boire régulièrement et marcher un peu chaque jour donne souvent de meilleurs résultats qu’un changement brutal.
Que mettre dans l’assiette : exemples concrets et associations utiles
| Moment du repas | Exemples d’aliments | Intérêt pour le transit |
|---|---|---|
| Petit-déjeuner | Flocons d’avoine, fruit entier, yaourt nature, graines moulues | Fibres solubles, eau du fruit, routine régulière |
| Déjeuner | Légumes cuits, lentilles ou pois chiches, pain complet | Volume, fibres variées, meilleure satiété |
| Collation | Pruneaux, kiwi, poignée d’amandes, compote sans excès de sucre | Apport simple en fibres, option douce selon tolérance |
| Dîner | Soupe de légumes, céréale complète, légumes verts | Hydratation, fibres, digestion souvent plus confortable |
Les légumes cuits sont parfois mieux tolérés que les crudités quand le ventre est sensible. Les soupes sont aussi intéressantes, car elles combinent eau, légumes et chaleur, ce qui peut rendre le repas plus facile à digérer.
Les jus de fruits ne sont pas équivalents aux fruits entiers, car ils contiennent moins de fibres et se boivent très vite. Pour le transit, une orange entière ou une poire avec sa peau, si elle est bien supportée, a plus d’intérêt qu’un grand verre de jus.
Les aliments à limiter quand on est constipé
Certains aliments ne gênent pas tout le monde, mais ils peuvent entretenir un transit lent lorsqu’ils prennent trop de place dans l’alimentation. C’est le cas des produits céréaliers raffinés, comme le pain blanc, le riz blanc, les pâtes très raffinées ou certaines viennoiseries, pauvres en fibres.
Les repas très gras, frits ou très riches en sauces peuvent ralentir la digestion chez certaines personnes. Les plats préparés, les biscuits, les produits très sucrés ou très salés posent aussi problème lorsqu’ils remplacent régulièrement les légumes, les fruits et les céréales complètes.
- À réduire en priorité : pain blanc, riz blanc, pâtisseries, fritures, plats préparés pauvres en légumes.
- À surveiller selon votre tolérance : excès de fromage, charcuterie, grandes portions de viande, alcool.
- À remplacer progressivement : jus par fruit entier, céréales raffinées par versions semi-complètes puis complètes.
Hydratation, mouvement et signes qui doivent faire consulter
Boire régulièrement aide les fibres à faire leur travail
Les fibres retiennent l’eau dans l’intestin. Si l’hydratation est insuffisante, les selles peuvent rester dures malgré une alimentation plus riche en végétaux. Un repère simple est de viser environ 1,5 litre d’eau par jour, à ajuster selon la chaleur, l’activité physique et les conseils médicaux éventuels.
Il n’est pas nécessaire de tout boire d’un coup. Quelques verres répartis dans la journée, une soupe, des fruits riches en eau et des boissons non alcoolisées peuvent contribuer à l’apport hydrique.
L’activité physique soutient le transit
La marche, le vélo doux, la natation ou des mouvements réguliers stimulent naturellement l’intestin. Le repère de 150 minutes d’activité physique par semaine donne un ordre d’idée, mais même 10 à 20 minutes de marche après un repas peuvent déjà aider certaines personnes.
Évitez aussi de retenir trop souvent l’envie d’aller à la selle. Le réflexe gastro-intestinal, c’est-à-dire l’activation du tube digestif après un repas, est parfois plus net le matin ou après le déjeuner.
Quand demander un avis médical
Consultez rapidement en cas de constipation récente et inhabituelle, de douleurs importantes, de vomissements, de ventre très gonflé, de sang dans les selles, de perte de poids inexpliquée ou de fièvre. Un avis est aussi nécessaire si la constipation dure plus de 7 jours malgré des mesures simples, ou si elle revient souvent sur plusieurs semaines.
Chez l’enfant, pendant la grossesse, après un accouchement, chez une personne âgée ou en cas de traitement médical en cours, mieux vaut demander conseil avant d’utiliser des laxatifs. L’alimentation peut aider, mais elle ne doit pas retarder une évaluation quand les symptômes persistent ou s’accompagnent de signes d’alerte.
Une supplémentation en fer constipe fréquemment : voir aussi comment choisir ses aliments riches en fer pour en limiter le besoin.
Cet article donne des repères d’information générale. Il ne constitue ni un diagnostic ni une prescription, et ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.
Ombeline Ravaud
Préparatrice en pharmacie pendant douze ans, aujourd'hui rédactrice en chef de La Notice. J'explique en langage clair ce que disent les notices et les recommandations officielles.


